A Limas, le parc municipal qui jouxte la maison où il a vécu avec son épouse Madeleine, pendant un demi-siècle, porte désormais son nom.
Un demi-siècle, c’est aussi en ce 15 avril 2025, le temps passé depuis le décès de Jean Guillermet, Chantre et Ambassadeur du Beaujolais
Fils de Pierre Guillermet et de son épouse Zoé, Jean voit le jour à Villefranche-sur-Saône le 17 mai 1893.
Après des études au lycée Claude Bernard, il fait son service militaire comme engagé volontaire, participe à la Grande Guerre où il est blessé en Lorraine. Il profite d’une permission de convalescence pour épouser Madeleine Grenet en 1916…
Ensuite, gazé à deux reprises, l’armistice le retrouve dans un hôpital le 11 novembre 1918 puis, démobilisé il revient à Villefranche un an plus tard…
C’est en 1919 que son père lui transmet la « Librairie des Écoles » fondée en 1856 et rebaptisée en 1900 « Papeterie Guillermet-Barricand » sise alors au 242 rue Nationale à deux pas du Promenoir… qui fournit la plupart des écoles du Beaujolais.
En 1925, Maurice Utrillo et sa mère Suzanne Valadon arrivent à Saint-Bernard : il fait leur connaissance et entretiendra d’amicale relations jusqu’au mariage du peintre qui entraîne son départ en 1935.
L’année suivante, Jean Guillermet fait une rencontre décisive : celle de Léon Foillard de Saint-Georges-de-Reneins, passionné du Beaujolais et qui lui transmet sa passion…
A partir de cette rencontre, il se donne à la promotion du Beaujolais, pays et vins et il devient le fondateur et l’animateur de nombreuses associations et structures qui assurent le rayonnement du Beaujolais…

En 1927 le couple, à l’étroit avec leurs deux enfants dans l’appartement qu’ils occupent Rue Nat’ au-dessus de la librairie, déménagent pour habiter à Limas dans une maison qu’ils baptiseront « Le Cuvier » où ils rassembleront un véritable musée (tableaux, statuettes, livres et autres documents).
En 1929 c’est la naissance des Éditions Jean Guillermet dont le premier livre « Le vin et le pays beaujolais » est signé Léon Foillard et Tony David. Un an plus tard c’est la parution du premier « Almanach du Beaujolais » et en 1931 son nom d’éditeur devient « Les Éditions du Cuvier » qui vont publier quelques 250 ouvrages…
Au fil des ans, inlassable « ambassadeur » du Beaujolais il lance la première braderie de Villefranche, participe aux fêtes nationales des vins de France et reconstitue le syndicat d’initiative de l’arrondissement de Villefranche et du Beaujolais resté de longues années en sommeil…
Des années passent encore, alors que l’Almanach du Beaujolais poursuit sa parution annuelle, il invente en 1946 le « circuit des vendanges » autour des vignes et organise en 1947 les soirées du chapitre noble de Salles-en-Beaujolais…
C’est la même année, au mois de septembre, qu’ils reçoivent à Limas l’écrivain Colette qui deviendra une amie et vantera à son tour les vertus du Beaujolais…
En 1948 il coopère activement à la création des « Compagnons du Beaujolais » dont il fut secrétaire puis Grand Chambellan jusqu’à sa mort.
Occupant de nombreuses fonctions, obtenant de nombreuses décorations dont la Légion d’Honneur, Jean Guillermet qui à la fin de l’année 1959 vend la Librairie des écoles et les Édition du Cuvier au couple Develay, poursuivra son travail de mise en avant de son cher Beaujolais.
En 1960, alors que rien ne le laisse prévoir il publie son Almanach du Beaujolais qui sera le dernier d’une longue série… et cette même année il apporte son soutien à Georges Duboeuf dans « L’Ecrin », groupement de producteurs du mâconnais et du beaujolais et l’aide à démarrer son entreprise.
C’est aussi la fondation de l’U.I.V. B (Union Interprofessionnelle des Vins du Beaujolais) où il est épaulé par Gérard Canard. Et en 1966 il persuade les Compagnons du Beaujolais d’acheter le Cuvage de Lacenas pour organiser leurs réceptions et leurs chapitres…
Malgré la maladie (il souffre des premières atteintes de l’artérite qui l’emportera) et ses séjours dans les hôpitaux (Grande-Blanche et Edouard-Herriot à Lyon, Hôtel-Dieu à Villefranche), il poursuit son activité militante jusqu’au dernier jour. Officier de la Légion d’honneur le 27 janvier 1975, il meurt après de longues souffrances le 15 avril 1975.
Il est inhumé à Villefranche près de ses parents et son épouse lui survivra trois ans et en avril 1978 sera à son tour inhumée…
« Nous aimons notre pays, notre vignoble et nous voulons transmettre cette amitié, cet amour de la terre et des hommes, dans le culte immortel de la civilisation du vin. Mais nous voulons rester simple, à l’image de notre Beaujolais, à l’image aussi des anciens Compagnons, les vignerons qui incarnent le cœur et l’âme de notre province et dont le travail exigeant de la vigne est leur grande noblesse et leur raison de vivre » écrira Michel Aulas dans son « Anthologie du Beaujolais », en reprenant les propos de Jean Guillermet avant d’ajouter sa vision des choses : « Dieu, en effet, a sans doute créé le Beaujolais, au soir du sixième jour pour sa propre récompense et pour donner aux hommes un gage d’espérance, mais c’est Jean Guillermet qui l’a inventé ».
@ J.F Mesplède
PHOTOS ARCHIVES Comité d’Histoire
Jean Guillermet
Jean et Simone Guillermet
Une maison… historique
Mes remerciements pour les précieux renseignements fournis au Comité d’Histoire et Patrimoine de la ville de Limas et en particulier Claude Kalfon.



