Créateur de la « chaîne thermale du soleil », Adrien Barthelemy a une fille, Christine dont Michel Guérard tombe amoureux. Pour lui « faire un cadeau », le chef doublement étoilé du « Pot-au-Feu » à Asnières, lui offre un nouveau concept culinaire.
C’est l’histoire d’un livre simplement baptisé « Grande cuisine minceur » vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit en douze langues. « J’ai voulu écrire « une ronde allègre de repas de fête pour maigrir » parcourue de salades fraîches comme des rires d’enfants, de poissons brillants et lourds d’odeurs de pêche interdite, de volailles parfumées, celles des déjeuners sur l’herbe de mon enfance. Et j’ai été heureux de marier la cuisine gourmande à la cuisine minceur pour qu’elles deviennent un nouvel art de vivre pour honnête homme d’aujourd’hui et de demain » dit son auteur…
À quoi tient une vocation ? « Une grand-mère, amoureuse éperdue de son petit-fils et divine cuisinière. Sa cuisine était angélique. Ses gestes à la fois précis et naïfs » dit Michel Guérard.
C’est l’histoire d’un mec bourré de talent, pâtissier de formation qui s’oriente très vite vers la cuisine. Lorsqu’il fait son choix, à 32 ans en 1965, dans une petite rue d’Asnières, un bistrot est à vendre. Michel Guérard emporte les enchères à la bougie et s’installe avec une évidente envie de « faire ce qu’il a envie de faire » comme lui conseille le cuisinier Jean Delaveyne.
Tout va vite : deux ans plus tard, il décroche sa première étoile au Guide Michelin. La deuxième en 1971. Un an plus après, son ami Pierre Troisgros lui présente une charmante jeune femme aux longs cheveux bruns. Sous le charme, Michel lui confie ses soucis : une prise de poids dont il ne peut se défaire. Christine Barthelemy l’invite à lui rendre visite à Eugénie les Bains, petit village des Landes. « Nous soignons les troubles digestifs et l’obésité ».
La suite appartient à l’histoire : un peu plus tard, un mariage scelle la rencontre entre le « ludion épicurien » et la « femme d’affaires » comme les qualifie joliment le journaliste Philippe Alexandre.
« J’étais très amoureux et je voulais lui faire un cadeau. J’ai alors pensé à une cuisine baptisée « cuisine minceur ». À Paris, j’avais monté un snack « La Ligne » et j’ai persisté sur cette idée.
Dans le cadre enchanteur d’Eugénie – qui doit beaucoup à l’Impératrice du même nom, Michel Guérard peaufine son travail couronné par « trois étoiles » en 1977.
J-F Mesplède
Photo en entète : Michel et Christine, un couple légendaire
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