En ce 23 novembre, joyeux anniversaire Jacotte Brazier !

En ce 23 novembre, joyeux anniversaire Jacotte Brazier !

Une journée par comme les autres pour Jacotte Brazier… puisqu’elle prend un an de plus. Et fêtera cela avec quelques fidèles… en pensant, n’en doutons pas, à Eugénie sa grand-mère, Gaston et Carmen ses parents : tous porteurs d’un nom prestigieux dans le milieu de la cuisine… qui est le sien aujourd’hui.

Elle a donc connu les deux enseignes de « La Mère Brazier » à Lyon et au col de la Luère et le poids des étoiles au Guide Michelin.

Alors, née sous une telle étoile, pouvait-elle échapper à son destin ? Suivre une autre voie que celle, rectiligne, menait fatalement au 12 de la rue Royale à Lyon où son aïeule s’installa en avril 1921 ?

La question ne s’est jamais posée en ces termes. Certes, Eugénie « dure avec elle-même et sa famille », est assez éloignée de l’image de la grand-mère qu’on idéalise souvent. Et celle-là même qui déplorait que ses petites-filles (Jacotte donc et Anne-Marie sa sœur-NDLR) soient « élevées comme des filles d’industriels aisés » ne les a jamais véritablement entourées d’affection. Mais Jacotte a très vite mesuré la chance inestimable de porter un nom aussi prestigieux. Et, à défaut de tendresse, elle a compris qu’Eugénie lui avait fait là le plus beau des cadeaux.

Si les vocations peuvent naître au cours d’une enfance passée le nez dans les casseroles, ce ne fut pas son cas. Son père n’aimant pas l’y voir trainer, les cuisines lui étaient interdites. Plus qu’une trajectoire obligée de cuisinière, le paternel préférait offrir à ses filles un vrai univers d’enfants.

Point de vocation donc. Mais au sortir de l’adolescence, la suggestion maternelle de faire une école hôtelière. En 1962, ce sera Lausanne, référence universelle en la matière. Et, suite logique, un périple de quelques années dans les hôtels européens.

En 1971, lorsque Gaston ressent les premiers symptômes du mal qui l’emportera trois ans plus tard, Jacotte revient à Lyon le seconder. Elle n’en partira plus, assument la relève avec sa mère Carmen et sa sœur Anne-Marie. Le triumvirat fonctionnera jusqu’en 1979 où Anne-Marie choisit de prendre une autre voie : l’avenir de Jacotte est scellé. Définitivement.

En 1982, le guide GaultMillau note à 15 sur 20 une « tour d’ivoire qui se visite, quoi qu’on puisse en penser, sans le moindre ennui ». Et s’il souligne les mérites du fidèle René Lavieille en cuisine, le duo s’attarde aussi sur ceux de Carmen « héritière scrupuleuse de la mère fameuse » qui supervise la carte « avec infiniment de talent et de gentillesse » et de son « exquise fille ».

Jacotte ne doute plus alors qu’elle est investie alors d’une mission : conserver intact le patrimoine d’Eugénie et de Gaston Brazier. « J’ai grandi dans cet esprit de tradition. Je n’ai pas envie de proposer autre chose dans ma maison et avouez que ce serait dommage de faire ce que tout le monde fait ».

Comment douter de la justesse du raisonnement ? Les plats emblématiques figurent alors à la carte, comme ils y sont inscrits dans les années vingt. Tout juste, pour vivre avec leur époque, sont-ils parfois allégés. Et aux grincheux qui se plaindraient que les spécialités de la maison soient immuables, le Guide Rouge qui l’a étoilée pour la soixante-et-unième et dernière fois dans son édition 2001 rétorque : tant mieux. Et la même année, le 9 avril, Paul Bocuse la décore solennellement de l’Ordre du Mérite Agricole et elle fait alors ses comptes : trente ans qu’elle a franchi le seuil du restaurant pour n’en pas repartir !

J.-F Mesplède

NOTA

Jacotte vendra une première fois le restaurant au début des années 2000 mais l’expérience ne sera pas concluante. Et en septembre 2008, Mathieu Viannay en fera l’acquisition et décrochera deux étoiles au Guide Michelin en 2009 !

 

PHOTOS

      Une jeune communiante avec sa grand-mère Eugénie !

 

Quand la grand-mère prend la pose pour le magazine « Lui », sa petite-fille l’imite 

 

 

Mère et fille : Carmen et Jacotte

© Archives J.Brazier

 

ENCADRÉ

Les Amis d’Eugénie Brazier

En 2007, entourée de quelques fidèles, Jacotte Brazier a créé cette association qui a deux activités principales :

-) Attribuer chaque année une bourse d’études à des jeunes filles qui ont manifesté leur vocation pour les métiers de bouche.

-) Décerner le « Prix littéraire Eugénie Brazier » qui récompense chaque année un livre écrit par une femme ou sur la cuisine des femmes, une photographe ou une illustratrice d’un livre de cuisine, un roman ou un essai gourmand et un livre de cuisine dans la catégorie Francophonie et d’Ailleurs.

Les Amis d’Eugénie Brazier, 1 rue Eugénie Brazier, 69001 Lyon

amiseugeniegrazier@orange.fr

04 78 28 70 68 / 09 65 10 92 06 / 06 20 58 34 78

 

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