Tout commence très simplement. Pour rédiger mon livre « Trois étoiles au Michelin », paru en 1998 aux éditions Gründ, je me suis totalement immergé dans l’univers de la « grande cuisine ».
Et j’ai découvert le parcours singulier d’Eugénie Brazier, partie de rien pour monter au firmament étoilé et devenir en 1933 la première femme de l’histoire à décrocher trois étoiles pour chacun de ses deux restaurants au col de la Luère et à Lyon, qu’Edouard Herriot, Maire de Lyon à l’époque, fréquentait régulièrement.
Hommage d’Edouard Herriot sur le livre d’Or du restaurant Brazier.
Lyon justement. Où il me semble totalement anormal qu’aucun hommage ne lui soit rendu par la ville dont Raymond Barre est alors le Maire.
Je prends ma plus belle plume et le 18 février 1999 lui envoie un courrier lui indiquant mon souhait de voir la Ville de Lyon honorer la mémoire de cette prestigieuse cuisinière en lui attribuant, par exemple, la dénomination d’une rue proche de la rue Royale où elle avait créé son restaurant en 1921 !
Trois mois plus tard, je reçois une réponse de Raymond Barre et, si sa lettre est datée du 1er avril 1999, cela n’a rien d’un poisson.

Réponse de Raymond Barre à la proposition de Jean-François Mesplède
Il faudra patienter, mais le positif se passe le samedi 25 novembre 2000 où François Séverin Marceau perd son nom au profit de la grand-mère de Jacotte. Ou que, plus justement, la rue jusqu’alors dédiée à ce général français vainqueur à Fleurus le 26 juin 1794, le soit désormais à une cuisinière qui sut conquérir les étoiles et le cœur des gourmets de sa ville. Et lors de la tenue de la réunion décisive un élu remarqua fort justement qu’elle avait « donné davantage de bonheur à ces contemporains en les nourrissant que le Général qui avait envoyé ses soldats au casse-pipe » !
En angle avec la rue Royale, voici donc la rue Eugénie Brazier
J.-F Mesplède
© Archives Page d’Ecriture


