Roger Fessaguet : 12 ans déjà !
Le 2 avril 2014, à l’âge de 82 ans, Roger Fessaguet était arraché à l’affection des siens. Retour sur ce Chef Caladois qui fit sa brillante carrière au restaurant « La Caravelle » à New-York !
Il y a une douzaine d’années, après mon passage à la direction du Guide Michelin France, il m’a paru légitime d’un hommage soit (enfin) rendu aux cuisinières et cuisiniers qui, au fil des années, ont assuré la belle réputation de la gastronomie française.
Et en 2010, avec un millier de biographies, le premier « Dictionnaire des Cuisiniers » voyait le jour. Deux éditions ont suivi en 2015 et 2019.
Les recherches effectuées pour la rédaction de l’ouvrage, m’ont permis de découvrir un certain Roger Fessaguet qui, en son restaurant new-yorkais « La Caravelle » où la famille Kennedy avait ses habitudes, était au sommet de la hiérarchie gourmande de la ville.

Après quelques échanges avec lui, j’ai pu découvrir son parcours, constatant qu’il avait vu le jour le 4 août 1931 à l’Hôtel Dieu de Villefranche-sur-Saône où il avait grandi au 26 rue de Thizy et suivi la « première étape » de sa scolarité au collège Claude Bernard (aujourd’hui Jean Moulin).
Ce furent ensuite l’école des Frères Saint-Jean-Baptiste de la Salle à Retournac en Haute-Loire car ses parents le voyaient bien entrer au séminaire et enfin Lyon où il eut la douleur de perdre son père André, fusillé le 30 août 1944 dans les combats pour la Libération de la ville.
Changement de cap deux ans plus tard où il a décidé de s’orienter vers la cuisine avec l’apprentissage à Tassin la Demi-Lune, Annecy et Les Baux-de-Provence.
Le 28 décembre 1948 enfin, il embarque dans un « Liberty Ship » et part à la conquête de l’Amérique…
Douze ans après son arrivée, le 21 septembre 1960 il fait son premier service au 33 West 55 th Street dans le quartier de Manhattan où « La Caravelle », où il est chef de cuisine et propriétaire-associé, vient d’ouvrir ses portes. Il « animera » la maison jusqu’en décembre 1988 où il passera la main…
Il reviendra régulièrement dans sa ville natale pour fêter, tout naturellement les Conscrits !
Retour en arrière. En 1999, après avoir découvert l’extraordinaire vie d’Eugénie Brazier, premier (et seule à ce jour) cuisinière de l’histoire à obtenir, en 1933, deux fois « trois étoiles » au Guide Michelin pour ses restaurant de la rue Royale à Lyon et du col de la Luère, j’avais été surpris qu’aucun hommage ne lui soit rendu dans la « Capitale des Gueules ».
Je m’en étais ouvert à Raymond Barre, alors Maire de la ville, en mars de cette année là et quelques mois plus tard une rue Eugénie Brazier voyait le jour.
Il ne me semblerait pas incongru, sous une forme à déterminer mais peut-être tout simplement au Marché Couvert, que sa ville natale rende hommage à Roger Fessaguet, décédé le 2 avril 2014 dans son pays d’adoption. Qu’en pensez-vous ?
Affaire à suivre…
Jean-François Mesplède


