Trois questions à Jean-Marc Montégottero, Huilerie Beaujolaise

Trois questions à Jean-Marc Montégottero, Huilerie Beaujolaise

C’est une « aventure gourmande » de plus de 40 ans ! Une aventure familiale, des parents Nedda et Dario et de leur fils Jean-Marc. Même s’il a « quitté le navire » qu’il continue de surveiller, l’ex-patron est soucieux de qualité…

Si ses parents tenaient une quincaillerie à Beaujeu c’est là qu’il a relancé une ancienne huilerie puis créé une nouvelle dans la boutique paternelle.

Au fil des « trois questions » histoire d’une passion et d’une réussite…

 

LE BEAUJOLAIS GOURMAND

Était-il écrit que feriez carrière à travers une huilerie ou le hasard a t’il compté dans cette aventure ?

 

JEAN-MARC MONTEGOTTERO

« En fait, en août 1981 je dois partir en Israël étudier une sélection de blés avant mon entrée à l’INRAE (Institut des Recherches Agro-Alimentaires). Compte tenu de la situation compliquée là-bas, mon père me conseille de penser à autre chose. En mai 1981 mes parents avaient ouvert une quincaillerie au 29 rue des Écharmeaux à Beaujeu.

En octobre 1981, je décide de remettre en route une ruine voisine qui fut l’Huilerie Mauriaud en me disant, pourquoi pas moi ?

J’étais technicien agricole et on m’oriente sur une huilerie dans l’Isère auprès de Gustave Pascal et j’apprends auprès de lui de la plus belle des façons car il imageait parfaitement ses explications… »

 

LBG

On peut imaginer que les débuts ont été laborieux. Comment cela s’est-il passé ? Et cela était-il fréquent en Beaujolais ?

 

JMM

« Effectivement rien n’était simple avec un lever à 5 heures du matin pour mettre en route. Je suis resté quinze jours et j’ai tout appris. Puis, la première semaine de décembre 1981 je reviens à Beaujeu et je me donne un mois et demi pour concrétiser : le 15 janvier 1982 la quincaillerie paternelle devient aussi huilerie. L’aventure dure cinq ans sous le nom de mes parents et en octobre 1987 je suis à mon compte sous le nom d’Huilerie Beaujolaise.

« En fait j’ai hérité d’une tradition qui était méconnue et qui semble remonter à 1850 et 1920 pour l’Huilerie Mauriaud. J’ai retrouvé qu’en 1910 il y avait cinq moulins à huile dans le village en en 1980 nous avons répertorié une trentaine d’huileries dans le Beaujolais.

« Mon but étant proche de la nature a été de transformer un produit naturel noble et de m’exprimer. Cela me semblait normal puisque l’amour de la gastronomie est de famille. Des produits près de la nature donc, le commerce à toujours baigné dans cet univers ».

 

LBG

Et la suite donc, cette montée en puissance jusqu’à votre vente de l’affaire en 2024 ? Et qu’en est-il aujourd’hui de l’Huilerie Beaujolaise ?

 

JMM

« J’étais seul au début jusqu’en 1992. Au départ c’était noix, colza, pavot et noisette, puis j’ai développé très vite, pistaches amandes cacahuètes sésames pignons de pin noix de pécan grâce à mon cousin.
J’ai alors beaucoup travaillé avec Franck pour des recettes et drainer une clientèle de Chefs (NDLR : Franck Petagna son cousin, MOF cuisine 2000). Je n’ai ensuite jamais arrêté jusqu’en 2024.

« Je suis aujourd’hui en « free-lance » pour des conseils et le développement de nouveaux produits. Il existe aujourd’hui une vingtaine d’huiles différentes en fabrication et une gamme très large de vinaigre. Ma philosophie ? Un fruit, une huile. Un fruit, un vinaigre et pas d’assemblage.

« L’huilerie est aujourd’hui en de bonnes mains dans une vraie continuité avec l’équipe restée avec Pierre Jamet directeur opérationnel après avoir été mon bras droit pendant vingt ans ! »

 

Propos recueillis par JF Mesplède

 

PHOTOS © JFM

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