VILLEFRANCHE SOUS LES ÉTOILES
Si Villefranche-sur-Saône semble bien négligée aujourd’hui par le mythique Guide Michelin, il n’en fut pas fort heureusement toujours ainsi.
Dès la première édition, en 1900, l’Hôtel de Provence est répertorié. Et, en 1933 lorsqu’arrivent les premières « étoiles de bonne table », la « Mère Carol – Hôtel du Beaujolais » 12 rue Belleville, « Chez la Benoîte » alors indiqué 99 rue Dechavanne et « La Coupole » 252 rue Nationale, sont gratifiés de cette distinction. Pour, selon la définition du guide, « une bonne table dans la localité ».
Si en 1937 et 1938, on compte toujours trois restaurants étoilés, le sommet sera atteint en 1939 où, fait unique dans l’histoire de la gourmandise en Pays Caladois, quatre établissements justifient désormais que le touriste gourmand fasse étape à Villefranche. Inédit et historique…
Depuis, on n’a jamais vu autant d’étoiles… gourmandes briller sur Villefranche …
Il est intéressant de noter que les autres guides nationaux ne sont pas en reste. En 1929, le « Club des Sans-Club » propose ses reportages gastronomiques dans son recueil des Auberges de France. Il souligne la « cuisine soignée » proposée par le Restaurant Gourdan, seul référencé dans la ville. Et deux ans plus tard, l’année où Roger Fessaguet vient au monde, le Guide Michelin à son tour signale « Chez la Benoite » au 99 rue Dechavanne dirigé par un dénommé Soitel.
La consécration étoilée arrive deux ans plus tard, lorsque le Guide distingue, d’une à trois étoiles de « bonne table » les meilleurs restaurants dans toute la France.
Une étoile donc pour La Benoite où la matelote d’anguille, la terrine de gibier et le poulet à la crème sont mis en exergue.
L’étoile brille toujours en 1934 et 1935 où la Mère Carol, 12 rue de Belleville, obtient la même distinction avec écrevisses Mère Carol, terrine maison et coq au Beaujolais.
En 1935, alors que La Provence de Lafoy au 245 rue Nationale, À ma chaumière de Frachette qui a succédé à La Mère Carole sont étoilés, La Benoite ne figure plus dans une sélection qu’elle retrouve, avec une étoile, en 1937 où c’est désormais un nommé Arparin aux commandes.
Et on compte donc alors trois établissements qui proposent, selon la définition d’alors pour l’étoile, une cuisine de « très bonne qualité ».
Même situation en 1938 et, en 1939 pour l’ultime édition avant le conflit mondial qui va éclater, le pâté à la gelée, les brochettes de Saône à l’éclusière et le poulet de Bresse à la crème obtiennent la même distinction pour un restaurant signalé au 138 rue Nationale.
On peut noter que cette année-là, le nombre record d’étoilés pour Villefranche, est battu avec, en outre, l’Europe de Borel au 37 rue Paul Bert, la Provence de Lafoy au 245 rue Nationale et À ma chaumière de Frachette au 57 rue de Belleville.
On ne fera jamais mieux que quatre restaurants à ce niveau…
C’était hier, sous les étoiles du guide Michelin

Le Grand Hôtel de l’Europe (Borel), 37rue Paul Bert, angle rue de la Barmondière. Aujourd’hui (N°159) la « Grande Droguerie Caladoise ».
Grand Hôtel de Provence (Lafoy) au 245 rue Nationale. Aujourd’hui (N°1071) la Caisse d’Épargne.
Chez la Benoite (Arparin) au 138 rue Nationale. Aujourd’hui (N°580) la boutique Calzadonia
À ma chaumière (Frachette) au 57 rue de Belleville (indiqué aussi au N°12). Aujourd’hui, à priori, N°18.
@ Archives Jean-François Mesplède


