Une nouvelle voie après un quart de siècle passé dans les cuisines du Palais de l’Élysée pour celui qui fut, en 2004, le plus jeune Meilleur Ouvrier de France de l’histoire de ce prestigieux concours (1).
LE BEAUJOLAIS GOURMAND
Comment, à quel âge et pourquoi avez-vous choisi de devenir cuisinier ? Quelles rencontres vous ont marquées ?
GUILLAUME GOMEZ
« Je ne me souviens pas à quel âge j’ai voulu être cuisinier… car j’ai toujours voulu faire ça. Dans mon livre (1), il y a une photo où j’ai trois ans pour une fête scolaire, on doit se déguiser dans le métier qu’on veut faire plus tard, et je suis déjà en cuisinier au milieu des cowboys et des princesses.
Pour les rencontres qui m’ont marquées toutes ont eu une importance. En premier mon maître d’apprentissage Johnny Bénariac, ensuite Jacques Le Divellec, qui m’a accueilli dans sa brigade, deux étoiles Michelin. Et c’est lui, plus tard, qui me place au palais de l’Élysée pour faire mon service national. Joël Normand, Meilleur Ouvrier de France et Chef de l’Élysée à mon arrivé fut évidemment marquant pour moi.
Bernard Vaussion ensuite qui était son adjoint et que je remplacerai en 2013, quand j’accéderai au poste de chef des cuisines. Évidemment le fait de servir quatre Présidents de la République, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron ont été des moments marquants de mon travail… »
LBG :
Quelles sont les dates d’entrée et de départ au Palais de l’Elysée et quels souvenirs en gardez-vous ?
GG :
« Je suis entré au palais de l’Élysée en juin 1997 pour faire mon service militaire, j’ai remporté le concours d’un des Meilleurs Ouvriers de France en 2004 et accède au poste de sous-chef.
En janvier 2005, je passe Chef de cuisine adjoint de Bernard Vaussion et en novembre 2013 Chef de cuisine, poste que je conserve jusqu’en 2021, lorsque le président de la république me nomme Ambassadeur pour la gastronomie et son représentant personnel.
Et c’est en décembre 2024 que je rends totalement ma mission et quitte le palais de l’Élysée ».
LBG :
Vous êtes désormais seul maître de votre destin. Quel est votre activité et comment voyez-vous l’avenir de la cuisine française en général et de la gastronomie en particulier ?
GG :
« Je suis depuis le 1er janvier 2025, président de mon groupe qui a deux cabinets de conseils : Groupe Gastronomie Conseils et PIGA Conseil.
Je suis plutôt optimiste et je vois toujours le verre toujours moitié plein. Alors je pense que la gastronomie française bien que chahutée, bien que challengée, se porte bien : il y a une vraie réflexion des professionnels sur une alimentation plus engagée.
Il faut évidemment travailler à une éducation à l’alimentation, pour que la jeune génération apprenne à se nourrir correctement et pas juste de fast-food ou autres alimentations transformées C’est l’avenir de notre Restauration et de notre gastronomie qui en dépend
À l’international, la gastronomie française est toujours très plébiscitée, dans les concours internationaux ou les festivals. Les Chefs français, cuisiniers, pâtissiers et autres, s’exporte très bien
Notre agriculture, notre viticulture, notre art de vivre, sont parmi les meilleurs du monde et ce n’est pas pour rien que nous sommes encore aujourd’hui la première destination touristique au monde ».
J.-F Mesplède avec mes sincères remerciements à Caroline Tibi
- On lira avec intérêt son livre paru cette année « À la table du destin » présenté dans notre guide…
PHOTOS

Le plus jeune MOF de l’histoire à l’Élysée en compagnie de Bernard Vaussion à qui il succèdera en 2013.
© Archives PE


